Première étape 2018 du Tour de France PME : "Toutes et tous leaders de l'égalité hommes-femmes"

Première étape 2018 du Tour de France PME : "Toutes et tous leaders de l'égalité hommes-femmes"

Le Global Compact France, en partenariat avec Plan International France, ONU Femmes France et Kedge Business School, a organisé la 1ère étape 2018 de son Tour de France PME à Marseille dans le cadre d’une conférence et d’ateliers autour de l’égalité femmes-hommes.

La 1ère étape de l’année du Tour de France PME du Global Compact France s’est tenue à Marseille le 23 janvier 2018. Le Tour de France PME vise à aller à la rencontre des PME qui œuvrent en faveur d’un développement plus durable sur les territoires et valoriser leurs bonnes pratiques de responsabilité sociétale.

Depuis 2017 chaque étape fait le lien entre les Objectifs de Développement Durable de l’ONU (ODD) et les bonnes pratiques valorisées. À Marseille, les échanges ont notamment fait écho à l’ODD #5 sur l’égalité entre les sexes, et sur des thématiques telles que l’éducation de qualité (ODD #4) et la réduction des inégalités (ODD #10).

ATELIERS

Deux ateliers de réflexion collective se sont tenus durant la première partie de l’après-midi. 

Au cours du premier atelier, les participants se sont intéressés à la problématique des stéréotypes. Ces derniers, auxquels chacun est confronté dès l’enfance, sont profondément ancrés dans notre société et se reproduisent en entreprise. Les participants ont suggéré plusieurs pistes d’enrayer ces mécanismes : mesurer ses propos et faire attention à l’humour vecteur de stéréotypes, analyser ses propres points de vue, sensibiliser à ces questions au sein de l’entreprise par le biais d’ateliers, ne pas exclure les hommes, eux aussi victimes de stéréotypes et livrer un combat commun. 

Lors du second atelier, les participants se sont penchés sur les thèmes du plafond de verre et de l’entreprenariat au féminin. Les stéréotypes ont une incidence importante sur ces mécanismes : les femmes s’autocensurent, et lorsqu’elles se lancent, doivent faire face aux obstacles créés par les stéréotypes au sein de la société. Les participants ont proposé plusieurs pistes pour faire évoluer les mentalités : prendre d’avantage la parole et oser s’affirmer, sensibiliser à l’égalité et au genre dès le plus jeune âge, donner la même information à tous concernant les différents métiers et formations et renforcer la règlementation existante en matière d’égalité femmes-hommes.

  

CONFÉRENCE

Introduction

Fella Imalhayene, Déléguée générale du Global Compact France, a introduit la conférence de haut-niveau en rappelant le contexte des Objectifs de Développement Durable de l’ONU (ODD), agenda universel à horizon 2030 initié par l’ONU. Le Global Compact des Nations Unies, plateforme d’échanges et d’action collective lancée en 2000 par Kofi Annan, a pour mission de créer un mouvement global d’organisations désireuses de s’engager en faveur des ODD. Le Global Compact France traduit les ODD pour les entreprises françaises, les aide à comprendre comment s’appuyer sur cet agenda pour améliorer leurs pratiques professionnelles et créer des opportunités de croissance et d’innovation. L’étape marseillaise du Tour de France PME représente l’occasion de valoriser les PME et TPE de la région qui contribuent aux ODD.

Jean-Christophe Carteron, Directeur RSE de Kedge Business School, a souligné l’importance de travailler avec les étudiants, les professeurs, les organisations et institutions internationales comme les Nations Unies pour faire changer l’enseignement supérieur en France et dans le monde. Kedge BS est une école engagée qui intègre la RSE à sa pédagogie, à ses activités de recherche, à sa gestion des campus et à sa gouvernance. Depuis l’adoption de l’Agenda 2030, Kedge BS a intégré la réalisation des ODD à sa stratégie. L’École est à l’initiative d’outils comme le Sulitest, test international conçu pour mesurer, améliorer et diffuser les connaissances liées au développement durable et aux ODD. Kedge BS a aussi initié des programmes pour aider les jeunes les plus défavorisés à accéder à l’enseignement supérieur et travaille sur les thématiques du handicap, de l’interculturel et des LGBTI. Jean -Christophe Carteron a souligné les actions en faveur de l’ODD #5 mis à l’honneur comme l’organisation d’une semaine de sensibilisation à destination des étudiants et des professeurs, le soutien à l’association étudiante He for She et la mise en place d’un dispositif contre le harcèlement.

Les tables rondes ont été animées par Mélusine Harlé, qui a rappelé la prégnance des stéréotypes de genre dans les comportements humains et dans l’éducation des filles et des garçons. Il est indispensable de se saisir de ces problématiques afin que chacun puisse s’épanouir dans son potentiel réel.

Table ronde #1 Les institutions, associations et ONG au service de l’égalité femmes-hommes

Maud Ritz, Responsable des opérations du Comité ONU Femmes France, a ouvert la première table ronde en soulignant l’importance des actions du secteur privé pour faire avancer l’égalité femmes-hommes. Fondée en 2010, ONU Femmes est l’agence des Nations Unies œuvrant pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Les 15 comités nationaux mènent des actions de sensibilisation du grand public et de levées de fonds, en ligne avec 4 axes de plaidoyer : leadership politique, autonomisation économique, lutte contre les violences et aide humanitaire.

Murielle Gamblin, Directrice des Partenariats privés chez Plan International France, a présenté l’association, créée en 1937, dont l’objectif est de faire progresser les droits des enfants et l’égalité en faveur des filles. Plan International agit dans 4 domaines : répondre aux besoins vitaux des enfants, protéger les enfants contre toutes les formes d’exploitation et de violence, donner accès à une éducation et à une formation de qualité et permettre aux enfants de faire valoir leurs droits. Murielle Gamblin a souligné que les inégalités étaient aujourd’hui flagrantes entre les filles et les garçons et entre les femmes et les hommes. Il est indispensable d’agir dès l’enfance, dans notre quotidien à tous. En effet, les filles sont les premières victimes de discrimination, et 15 millions de filles sont encore mariées de force avant 18 ans chaque année. Il est nécessaire de se mobiliser pour améliorer leur avenir. Le 11 octobre a été déclaré Journée internationale des filles par l’ONU grâce au plaidoyer de Plan International. Dans ce contexte, des programmes de formation comme Saksham en Inde et l’initiative Girls Takeover ont été déployés.  

Françoise Rastit, Directrice Régionale aux Droits des Femmes et à l'Égalité à la Préfecture de la Région PACA, a insisté sur l’importance d’accompagner les évolutions sociales. Aujourd’hui, les femmes se heurtent toujours au plafond de verre en entreprise, et notamment dans les plus grandes organisations. Dans cette situation, il est indispensable pour Françoise Rastit de recourir à des études statistiques afin d’objectiver le problème et de parvenir à négocier des plans de réduction des inégalités. Si la réduction des inégalités relève du bon sens, il est nécessaire de s’attaquer au cœur du problème, les stéréotypes. Dans ce cadre, le Ministère du Travail a publié un guide pratique destiné aux TPE-PME afin de lever les obstacles liés aux stéréotypes et de favoriser la mise en place de plans d’action en faveur de l’égalité professionnelle.

Alexandra Rigo, Conseiller Expert Développement Durable de la CCI Marseille Provence, a souligné la nécessité d’aborder ces problématiques avec les entreprises, et de pouvoir leur proposer des outils adaptés. C’est par exemple l’objectif du Parcours Performant et responsable en PACA, proposant une gamme d’outils pour sensibiliser, accompagner et valoriser la démarche des TPE et PME. Ce dispositif propose notamment un auto-diagnostique en ligne et gratuit.

Elisabeth Fuchs, Directrice PACA de Les entreprises pour la Cité, a rappelé que 80 % des femmes étaient confrontées à des attitudes ou décisions sexistes en entreprise, et que l’écart de salaires s’élevaient encore à 24 %. Pour autant, il est prouvé que diversité et mixité sont source de performance économique. Les Entreprises pour la Cité accompagne les entreprises sur leur démarche de responsabilité sociétale par la co-construction et la mise en réseau pour favoriser les transformations sociales. L’association propose de nombreuses actions afin de désexuer les métiers, supprimer les écarts de salaires, favoriser l’accès des femmes à des postes à responsabilités, assurer un équilibre entre vie professionnelle et vie privée, impliquer les hommes et agir contre le sexisme en entreprise.

  


Table ronde #2 Les entreprises qui innovent pour l’égalité femmes-hommes

Orianne Thibout, Chargée de missions RSE/Environnement chez GSF, a ouvert la seconde table ronde en rappelant les engagements de l’entreprise en matière de non-discrimination. GSF a signé la Charte de la Diversité, a mis en œuvre sa charte éthique et placé l’éducation au cœur de la réduction des inégalités et des discriminations. Selon Orianne Thibout, il est primordial de faire preuve d’honnêteté intellectuelle et de réflexion pour ne pas confondre parité et égalité. Toutefois, aller au-delà des stéréotypes demeure un défi de taille, notamment concernant la répartition des hommes et des femmes dans l’encadrement. Sur les 121 chefs d’établissements de GSF, seulement 5 sont des femmes ; ce déséquilibre persistant est expliqué par le système de promotion interne, qui favoriserait des postes occupés en majeure partie par les hommes. Selon Orianne Thibout, la situation en entreprise ne changera pas tant que nous ne travaillerons pas à faire évoluer les mentalités au sein de la société dans son sens large.

Yves Chachuat, Directeur des Ressources Humaines Sud chez Carrefour Market Sud, travaille depuis de nombreuses années sur ces problématiques. On peut compter parmi les actions mises en œuvre : la création de Comités carrières femmes, la révision de la rédaction des offres de recrutement, la mise en place de Conventions de réinsertion des femmes en difficultés, des actions de sensibilisation de toute la ligne fonctionnelle et opérationnelle, la création d’une crèche entreprise, etc. Selon Yves Chachuat, l’égalité femmes-hommes contribue certes à la performance de l’entreprise, mais c’est avant tout une question de justice, une mission de citoyenneté !

Emmanuel Laurand, Gérant de l’Ambassade de Bretagne, a signé la Charte de la Diversité en 2009 suite à une demande de Pôle Emploi. Selon lui, devenir signataire de la Charte relevait simplement du bon sens. Après avoir été nommé lauréat de la Charte, Emmanuel Laurand a pris pleine conscience de son engagement et en a fait le socle de son entreprise. Emmanuel Laurand a souligné l’importance « d’embaucher une compétence » et non une femme ou un homme et de partager ces valeurs avec son équipe. Aujourd’hui, il poursuit sa démarche avec les labels Amplitude et Lucie afin de formaliser ces engagements.

Bernard Alfandari, PDG de Resistex a présenté les actions de Resistex en interne en faveur de l’égalité femmes-hommes, et sa vision sociétale. Il est aujourd’hui indispensable de désexuer les métiers et les domaines d’intervention afin d’en finir avec les stéréotypes. Dans cette optique, Resistex a par exemple mis en place des ateliers de sensibilisation dans les collèges afin de présenter ses différents métiers. Selon Bernard Alfandari favoriser la diversité et l’égalité femmes-hommes fédère en interne, contribue à la justice entre les salariés et participe à l’exemplarité de l’entreprise et à son image de marque.

Emmanuelle Germani, DRH de Kaporal, a souligné la nécessité de faire tomber les freins internes et d’aller au-delà des représentations. Il est important de s’intéresser aux différents mécanismes à l’œuvre, du recrutement à la promotion des salariés. Les ressources humaines ont un rôle décisif afin d’initier les prises de conscience et ouvrir les possibles. Dans cette optique, Kaporal a par exemple participé à la création d’une boutique-école avec les apprentis d’Auteuil. Les étudiants étaient formés sur place et ont pu découvrir le métier sous toutes ses facettes.

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Publié le 29 Janv. 2018