Retour sur l'étape marseillaise du Tour de France PME : "Intégrer le capital naturel, un choix d'avenir pour l'entreprise"

Retour sur l'étape marseillaise du Tour de France PME : "Intégrer le capital naturel, un choix d'avenir pour l'entreprise"

 

Après deux étapes à Strasbourg et Grenoble, la troisième étape du Tour de France PME 2017 s’est tenue à Marseille le 22 juin dernier. A l'occasion du forum national ReSEt, le Global Compact France organisait une conférence dédiée aux opportunités que représente l’intégration du capital naturel pour les entreprises. Projets directement liés au cœur de métier, actions s'inscrivant dans une démarche de responsabilité sociétale, bonnes pratiques environnementales à la base de business models originaux ; les leviers dont disposent les entreprises pour créer de la valeur grâce à l'environnement sont multiples. Cet évènement fut l’occasion d’aborder les façons dont les PME contribuent à la réalisation des ODD – notamment les ODD 6, 13, 14 et 15 les plus concernés par le thème du débat – à travers les témoignages concrets de PME de la région. Le Global Compact France remercie chaleureusement tous les intervenants, partenaires et participants.

OUVERTURE

Antoine Hacot, Vice-président du Global Compact France, a ouvert la conférence en rappelant l'engagement de l'association en région et auprès des PME pour sensibiliser à la RSE et aux Objectifs de Développement Durable de l'ONU.

Florian Burel, Chargé de mission RSE et PME du Global Compact France, a introduit la conférence en rappelant les enjeux liés aux Objectifs de Développement Durable de l’ONU (ODD), agenda universel offrant une vision du monde idéal à horizon 2030. Ils constituent un langage commun, une feuille de route permettant aux entreprises de structurer leur démarche de responsabilité sociétale, de l’inscrire dans une dynamique partagée et de relier leur stratégie aux préoccupations mondiales. Le Global Compact France s’engage pour que toutes les entreprises s’approprient les ODD. Le Tour de France PME est un moyen de faire connaître le sujet, à l’aune de témoignages de responsabilité sociétale de PME. La plateforme web Global Impact+, lancée le 31 janvier dernier consolide aussi cet élan en permettant partage et valorisation d’engagements et bonnes pratiques en lien avec les ODD. Florian Burel a ainsi souligné que l’intégration du capital naturel pour les entreprises faisait notamment échos aux ODD 6 – Eau propre et assainissement, ODD 13 – Mesures relatives à la lutte contre le changement climatique, ODD 14 – Vie aquatique et ODD 15 – Vie terrestre. 

INTRODUCTION

Vanessa Lorioux, Cheffe de la Délégation au Développement Durable (CGDD) du Ministère de la Transition écologique et solidaire, a rappelé la genèse des ODD. Nés de la rencontre de deux agendas internationaux – les Sommets de la Terre et les Objectifs du Millénaire pour le Développement – les  17 ODD ont été adoptés par 193 pays lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable en 2015. Ce nouvel agenda universel tend à couvrir l’ensemble des enjeux de développement durable pour les Peuples, la Planète, la Paix et les Partenariats. Vanessa Lorioux a souligné l’importance de l’ODD 17 – Partenariats pour la réalisation des objectifs. Cet ODD appelle en effet tous les acteurs à agir de concert, à imaginer des solutions communes et innovantes et à agir ensemble pour que chacun se sente concerné et acteur. Vanessa Lorioux a également indiqué la volonté de cet Agenda 2030, assorti d’un set d’indicateurs conséquent, d’engager les acteurs dans un processus de redevabilité. Il est ainsi possible d’identifier trois enjeux : l’universalité de l’Agenda 2030, la transversalité de ces objectifs et l’importance des partenariats et de la concertation avec la société civile. 

Gwenaël Roudaut, Chargé de mission stratégique de la Délégation au Développement Durable (CGDD) du Ministère de la Transition écologique et solidaire, est revenu sur l’opérationnalisation des ODD. Tous les acteurs doivent se saisir de ces objectifs pour relever les défis du XXIème siècle, au niveau global comme local. Les 17 ODD constituent une feuille de route, un cadre stratégique dont les entreprises sont parties prenantes. Ce langage commun est vecteur pour faciliter la réalisation d’objectifs partagés et créer des effets de levier.

Selon Brice Lalonde, Conseiller Spécial du Global Compact France, Porte-Parole du Partenariat Français pour l’Eau, Président du Business & Climate Summit et Président de l'Académie de l'eau, on s’aperçoit aujourd’hui que la nature est notre capital le plus précieux. Il est du devoir des entreprises de se saisir de ces enjeux. Brice Lalonde a soulevé la question de l’amoindrissement des ressources en eau. S’il est inexorable que la quantité d’eau par être humain diminue, les projets innovants se multiplient dans ce domaine. Pour Brice Lalonde, les entreprises sont d’importants leviers d’action et d’innovation. Saupiquet contrôle par exemple régulièrement les performances de ses établissements et sensibilisent ses fournisseurs à l’économie et à la préservation de l’eau potable. Il souligne également que les entreprises vont jusqu’au bout des démarches lorsqu’il s’agit d’agir pour l’environnement.

TÉMOIGNAGES

Sylvain Boucherand, Co-fondateur et PDG de B&L Évolution, a animé les échanges entre Patrick Berardi, Directeur Général de Thassalia ENGIE, Grégoire Calleja, Chef de Projet Économie Verte et RSE de la DREAL PACA et Christian Laplaud, PDG d’Altereo, qui ont partagé visions, solutions et réalisations contribuant à l’intégration du capital naturel dans l’activité de leurs entreprises et ainsi la réalisation des ODD. 

Grégoire Calleja, Chef de Projet Économie Verte et RSE de la DREAL PACA, a souligné la contribution de longue date de la région PACA au développement durable. 450 entreprises locales ont ainsi élaboré des stratégies RSE affirmées. La région organise par exemple des Trophées annuels de la RSE. Les ODD viennent en complémentarité et enrichissent ces politiques en place. 

Patrick Berardi, Directeur Général de Thassalia ENGIE, a insisté sur l’importance de l’intégration du potentiel énergétique du capital naturel que les entreprises commencent à découvrir. Porté par le groupe ENGIE depuis 2010, Thassalia est un projet novateur utilisant l’eau salée pour créer des réseaux de chaud et de froid sur le périmètre euro-méditerranéen. Cette solution, exploitant les différences de températures entre l’eau chaude de surface et l’eau froide des fonds marins, permet d’alimenter largement les bâtiments en énergie durable. La mise en place de cette centrale de géothermie marine a ainsi entraîné la réduction de 70% des émissions de gaz à effet de serre dans l’écoquartier Euroméditerranée. Si ce type de centrale est une première en France et en Europe, le potentiel de telles solutions intégrant le capital naturel est encore grand ! 

Selon Christian Laplaud, PDG d’Altereo, il faut se donner les moyens de changer les comportements pour passer de l’idée à l’action et contribuer concrètement à la réalisation des ODD. L’économie comportementale est une thématique centrale pour Altereo, qui vise à « éveiller l’intelligence environnementale ». Christian Laplaud a rappelé l’importance pour les entreprises de travailler tout au long de leur chaîne de valeur. 

Pour Patrick Berardi, le capital naturel est au cœur du projet Thassalia. Produire de l’énergie à partir de l’eau de mer représente de nombreux avantages ; cela participe par exemple à la réduction des fluides frigorigènes qui détruisent la couche d’ozone. Prendre les plus grandes précautions quant aux impacts des rejets d’eau de la centrale sur la biodiversité était donc naturel. Les conséquences de ces rejets sont ainsi évaluées et suivies par des bureaux d’études spécialisés.

Selon Christian Laplaud, la protection du capital naturel est indispensable et créatrice d’opportunités business. Les collaborateurs d’Altereo partagent largement cet engagement, et ceci devrait être le cas de tous les citoyens. Christian Laplaud a évoqué l’amoindrissement des ressources en eau, fortement ressenti dans certains pays d’Afrique, qui font face à des problèmes de financement ou de corruption. Altereo propose des solutions permettant d’optimiser les réseaux et de pérenniser les infrastructures existantes.

Grégoire Calleja, a rappelé l’importance de la biodiversité pour la région PACA, qui fait face à des enjeux particuliers en matière de vie aquatique et terrestre. Si les problèmes d’accès à l’eau sont moindres que dans certaines autres régions françaises, il est nécessaire d’avancer sur ces sujets pour s’inscrire dans un effort commun. La DREAL PACA a ainsi mis en place des groupes de travail et comités stratégiques de filière – filière de l’eau petit cycle et filière de génie écologique – dans la région. Afin d’identifier les leviers et les freins, la DREAL PACA associe des entreprises de tailles et activités variées. On peut aussi noter que ces deux grandes filières sont porteuses d’emplois.

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LA PLATEFORME GLOBAL IMPACT+

La plateforme Global Impact+ ambitionne de créer un mouvement national promouvant et favorisant l’intégration des ODD par les petites et moyennes entreprises françaises. Intuitif et ergonomique, cet outil offre un recensement et un suivi des impacts des entreprises sur tout le territoire. Accessible en ligne sur actions.globalcompact-france.org, il permet aux entreprises et organisations françaises de :

- partager leurs bonnes pratiques innovantes et ambitieuses en faveur d’un monde meilleur
- rejoindre une communauté engagée et inspirante
- encourager la transformation sociétale grâce à une émulation collective et à des partages d’expériences
- démontrer le leadership du secteur privé français sur le thème des ODD

Des Trophées des meilleures pratiques postées sur la plateforme Global Impact+ seront organisés par le Global Compact France.

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Publié le 28 Juin 2017