Retour sur l'étape toulousaine du Tour de France PME : "PME durables, soyez plus qu'un acteur économique !"

Retour sur l'étape toulousaine du Tour de France PME : "PME durables, soyez plus qu'un acteur économique !"

L’étape de rentrée du Tour de France PME a eu lieu à Toulouse. Sur le campus de Toulouse Business School, une conférence donnait la parole à des acteurs de la région engagés en RSE, dont les actions font écho à plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU :

  • ODD 4 : éducation de qualité
  • ODD 8 : travail décent et croissance économique 
  • ODD 9 : industrie, innovation et infrastructure
  • ODD 12 : consommation et production responsables

Une première table ronde réunissait des acteurs non-entreprises : Patricia Chauvel, coordinatrice de la démarche RSE & DD de Toulouse Business School, Martine Combemale, directrice et fondatrice de Ressources Humaines Sans Frontières (RHSF), Laurence Dubois, directrice de la commande publique et de l’achat de la Région Occitanie et William Vidal, Élu du Défi Développement Durable de la CCI Occitanie et Président d’Ecocert.

Outre les bonnes pratiques de chaque organisation mises en lumière lors des discussions, comme la lutte contre le travail forcé (ODD 8 et cible 8.7) par RHSF ou l’éducation à la RSE et à des comportements plus responsables par Toulouse Business School (ODD 4) ; il ressort des échanges que la RSE et la prise en charge des ODD par les entreprises permettent d'associer économie et bien commun. Cependant, il faut passer de l’aspect qualitatif des actions à plus de mesures de leur efficacité, comme le souligne William Vidal, par exemple dans le cadre des objectifs de l’Accord de Paris sur le climat. Il faut tendre vers la possibilité pour les entreprises de se situer dans une atteinte d’objectif général et de la mesurer, pour que chacune d’entre elles puisse visualiser sa part. Laurence Dubois rebondit sur cet aspect en précisant que face à des acheteurs, il est difficile de soutenir des prix supérieurs d’environ 30 % quand on parle d’achats responsables avec un seul discours qualitatif sur les bienfaits de la RSE. Il faut appuyer l’argumentaire d’éléments économiques.

La seconde table-ronde, réunissait cette fois des entreprises qui témoignaient de leur démarche RSE et de leur intégration des ODD, ainsi que de leurs bénéfices économiques.

Bruno Duval, dirigeant de l’entreprise SAVCO, explicite le lien entre développement durable et durabilité de l’entreprise. SAVCO est une PME spécialisée dans la chaudronnerie lourde, et a fait face en 2012 à une forte concurrence cassant les prix venant d’Europe de l’Est et d’Afrique du Nord. Pour rester compétitif, SAVCO, qui était 30 % plus cher sur le marché à cette époque ; Bruno Duval a eu un choix à faire : suivre le modèle, délocaliser, réduire les coûts et suivre la « tendance », ou créer une rupture. Ne souhaitant pas être un suiveur et ayant une volonté de prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux de SAVCO, Bruno Duval s’est questionné sur la création de valeur par des axes RSE, par tout ce qui était fait par SAVCO « hors chantier ». La démarche RSE de l’entreprise a été affichée, avec une modélisation de la conviction du dirigeant, une structuration, des questions auxquelles répondre, etc. Mais il y avait un manque de moyens et de temps. C’est pourquoi SAVCO a rejoint le Global Compact pour avancer petit à petit dans la formalisation de sa démarche RSE à son rythme, grâce aux dix principes. Un exemple de cette création de valeur repose sur la capacité de SAVCO à intervenir en réserve nationale, à 3 000 mètres d’altitude, dans des conditions de travail très techniques en termes de respect de l’environnement. C’est un savoir-faire qui est valorisable, et il y en a dans toutes les entreprises si on réapprend à se poser des questions et à dialoguer avec toutes ses parties prenantes. Ce type de questionnement permet aussi des innovations technologiques, ainsi SAVCO a découvert que de nouvelles techniques de construction moins émettrices de CO2 étaient plus rapides et qualitatives. Tous ces ajustements, en lien avec l’ODD 9 sur l’innovation dans l’industrie, ont permis plus de bien-être pour les salariés, une étoffe de l’offre de l’entreprise et un positionnement innovant pour le secteur, et a permis à SAVCO de reconquérir des marchés en un an.

Sylvie Martinel est Directrice Communication et RSE de Nutrition & Santé, une ETI toulousaine qui fabrique des produits diététiques et bio, à travers différentes marques comme Gerblé. Elle retrace l’engagement RSE de son entreprise, les partenariats avec les filières agricoles depuis plus de 30 ans, ou le parcours « de la fourche à la fourchette » de manière responsable. L'ADN responsable existait au sein de l’entreprise avant que le terme de RSE apparaisse. Aujourd’hui de grand chantiers concrets existent chez Nutrition & Santé et constituent des démarches durables et rentables assez rapidement (recyclage des déchets, boucles d’économie circulaire, logiques d’achat responsables, chantiers de santé sécurité au travail, etc.).

Franck Darthou, Directeur d’EDF Hydro Sud Ouest a présenté le projet "Une Rivière Un Territoire", exemple d’engagement RSE d’EDF. Ce projet de rapprochement des acteurs locaux impliqués dans l’hydro-électricité crée de la valeur écologique, avec la prise en compte de l’impact sur la faune locale (reproduction du gypaète barbu) ; de la valeur territoriale, en devenant un acteur qui met autour de la table toutes les parties prenantes du territoire qui réfléchissent et travaillent sur l’hydro-électricité et les barrages hydro-électriques ; et de la valeur économique, avec 70 millions d’euros d’investissement par an, la moitié étant confiée localement.

Daniel Luciani, dirigeant d’ICOM, agence de communication responsable toulousaine de 20 collaborateurs, ne considère pas que son entreprise ait une stratégie RSE. C’est bien son modèle de stratégie d’entreprise qui est pensé pour participer à créer un monde nouveau, plus juste, plus humain, et plus épanouissant ; en quatre axes et de nombreux exemples de bonnes pratiques :

  • Entreprise responsable : éviter le greenwashing dans leurs missions clients, mais être aussi responsable en interne (bâtiment en bois, charte de la diversité, fournisseurs d’énergie responsable, etc. En lien avec les ODD 7 sur l’énergie propre, 12 sur la consommation et production responsables, 17 sur les partenariats multi-acteurs).
  • Entreprise inventive : rester innovant et sortir de leur zone de confort, ICOM propose par exemple une masterclass sur le ROI de la RSE.
  • Entreprise agentive : en lien avec un concept québécois traduisant la capacité d’une organisation à transformer le monde. Par exemple, suite à leur missions ICOM motive des entreprises à consolider leur démarche RSE. ICOM organise également depuis 2005 Le Grand Procès de la RSE qui rend ludique le sujet pour interpeller les dirigeants.
  • Entreprise libérante : aller plus loin que l’entreprise libérée, ICOM se veut libérante pour les collaborateurs, les clients et fournisseur. Entre autres, grâce à un travail sur le bien-être en entreprise. Le télétravail est par exemple exempt de demande d’autorisation ou de contrôle, avec deux jours de télétravail par semaine à utiliser pour les collaborateurs d’ICOM, de la manière dont ils le souhaitent.

Fella Imalhayene, Déléguée générale du Global Compact France, conclut la soirée en notant que cette étape du Tour de France PME est un autre exemple du passionnant vivier de bonnes pratiques locales.

Le Globlal Compact France se veut un catalyseur de ces entreprises engagées et innovantes, à l’aune des ODD.

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Un grand merci aux organisations partenaires pour la tenue de cet événement :  Delphine Lopez, gérante de ID&D pour l'animation, Toulouse Business School en la personne de Laurent Besson, la CCI Occitanie et Émilie Huc, et Bruno Duval pour la visite de l'entreprise SAVCO le matin de l'étape. 

LA PLATEFORME GLOBAL IMPACT+

La plateforme Global Impact+ ambitionne de créer un mouvement national promouvant et favorisant l’intégration des ODD par les petites et moyennes entreprises françaises. Intuitif et ergonomique, cet outil offre un recensement et un suivi des impacts des entreprises sur tout le territoire. Accessible en ligne sur actions.globalcompact-france.org, il permet aux entreprises et organisations françaises de :

  • Partager leurs bonnes pratiques innovantes et ambitieuses en faveur d’un monde meilleur, notamment celles identifiées lors des étapes du Tour de France PME du Global Impact France
  • Rejoindre une communauté engagée et inspirante
  • Encourager la transformation sociétale grâce à une émulation collective et à des partages d’expériences
  • Démontrer le leadership du secteur privé français sur le thème des ODD

Des Trophées des meilleures pratiques postées sur la plateforme Global Impact+ seront organisés par le Global Compact France.

Rejoindre la plateforme Global Impact+ !

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Publié le 08 Nov. 2017