Les tendances de reporting et rapports RSE

Les tendances de reporting et rapports RSE

Tennaxia vient de publier les résultats de son étude annuelle dédiée aux pratiques de reporting RSE et aux rapports extra-financiers. L’enquête 2016 a été réalisée auprès des Directrices et directeurs du développement durable de 20 entreprises cotées et 21 entreprises non cotées. Parmi les principaux enseignements de cette 4ème édition, on note une nette évolution vers le pilotage de la performance globale, au-delà de la seule conformité réglementaire, et signe d’une RSE de mieux en mieux intégrée par les entreprises.

La RSE vecteur de performance

Alors que les lois NRE et Grenelle 2  - en son article 225 - ont indiscutablement constitué deux leviers de mise en œuvre des rapports RSE, l’étude confirme la montée en puissance de la RSE avec  de nombreuses entreprises non assujetties à la réglementation qui se sont engagées volontairement à publier des rapports développement durable. Ces publications témoignent de leur volonté d’améliorer leur image et leur attractivité, mais aussi d’être exemplaires.

L’étude révèle par ailleurs un fort impact de la COP 21. A l’instar des 39 entreprises françaises qui avaient publié leur stratégie bas carbone avant la conclusion du sommet parisien, 42% des entreprises de l’échantillon ont formalisé une stratégie bas carbone en 2016, soit une progression de +50% en un an. Une embellie encourageante, alors que les entreprises sont invitées à participer activement à la lutte contre le changement climatique. Dans cette veine, le reporting extra-financier réglementaire 2016 doit dès à présent intégrer  l’article 173 de la loi sur la Transition énergétique  obligeant les entreprises à rendre compte des  postes significatifs d’émissions de gaz à effet de serre générés du fait de leur activité, notamment par l’usage des biens et services qu’elle produit.

L’extension de la vérification de la sincérité des informations par les Organismes Tiers Indépendants (OTI) aux entreprises non cotées -  répondant aux seuils et statuts fixés par la loi – pour le reporting 2016,  induit la nécessité de mieux fiabiliser les données collectées, d’en assurer la traçabilité et la matérialité. Cette évolution peut expliquer  le recul significatif d’Excel (-20%) bien qu’utilisé par encore 44% de l’échantillon. En complément, on note que les entreprises les plus matures souhaitent mieux piloter leur performance globale. Au-delà de la fiabilisation et du pilotage de leur campagne de collecte, elles cherchent à mieux analyser leurs données, à effectuer des benchmark internes, à mieux répondre aux attentes des agences de notation extra-financière et pour certaines, à commencer à aligner données financières et non financières.

La montée en puissance des Objectifs du Développement Durable

Si 27% des entreprises interrogées affirment utiliser un référentiel sectoriel pour construire ou compléter leur reporting article 225 (principalement les suppléments GRI G4 ou un référentiel établi par la fédération professionnelle), aucune entreprise n’utilise le référentiel américain SASB. Au passage, on note au passage que 15% des entreprises de l’échantillon déclarent avoir déjà fait référence aux Objectifs du Développement Durable (ODD) publiés en septembre 2015. Il sera intéressant de voir lors de la prochaine étude comment les entreprises se sont appropriées les ODD. On a pu constater lors du 10ème Sommet annuel « CR Reporting & Communications » qui se déroulait à Londres les 20 et 21 octobre dernier que les intervenants – du monde de l’entreprise, des sociétés d’investissements ou encore des ONG -  faisaient systématiquement référence aux ODD  envisagés comme un moyen de revisiter les stratégies RSE, de mieux rapporter et d’améliorer le dialogue avec les parties prenantes. Un atelier était d’ailleurs consacré au reporting des ODD.

L’implication des parties prenantes dans la démarche du reporting RSE

La prise en compte des parties prenantes progresse encore en 2016. Ainsi,  56% des entreprises ont identifié et cartographié leurs parties prenantes (47% en 2015). En revanche, peu d’entreprises semblent favoriser un dialogue formalisé en vue d’identifier les attentes des parties prenantes. Ainsi, c’est très majoritairement à partir des informations déjà disponibles que les attentes des parties prenantes sont recueillies, ce qui induit un possible déphasage avec les attentes réelles. Par ailleurs, les comités de parties prenantes ne sont mis en place que par 12% des entreprises du panel.

Si seulement 29% des entreprisses impliquent leurs parties prenantes dans la démarche de reporting, elles ne sont que 17% à faire évaluer leur rapport par leurs parties prenantes ; c’est peu.

L’analyse de matérialité, socle d’une démarche RSE plus robuste

L’étude met en perspective l’installation de l’analyse de matérialité. 56% des répondants en ont réalisé une (contre 41% en 2015), et 74% d’entre elles ont fait appel à un cabinet externe pour la réaliser.  Au-delà de l’effet de mode et de son côté « nice to have », l’analyse de matérialité entre dans une nouvelle phase d’exploitation de la richesse de ses enseignements pour recentrer et crédibiliser la démarche RSE, pour disposer d’une base permettant de  guider le reporting extra-financier et plus encore, pour challenger la stratégie de l’entreprise. L’analyse de matérialité était également au cœur du sommet britannique précité, présentée par nombre d’intervenant comme un pré-requis à la publication d’informations vraiment matérielles, à condition de s’appuyer sur une méthode éprouvée ou à tout le moins pertinente.  Notons que la transposition de la Directive Européenne attendue dans les prochaines semaines devrait renforcer le rôle de l’analyse de matérialité afin de permettre aux entreprises de présenter clairement leur approche des risques liés aux enjeux du Développement Durable et la mise en place d’indicateurs clés.

 

Bertrand Desmier,
Directeur Conseil RSE chez Tennaxia

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Publié le 08 Nov. 2016
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