Pourquoi les chefs d’entreprises devraient vraiment s’engager en faveur de l’égalité des sexes ?

Pourquoi les chefs d’entreprises devraient vraiment s’engager en faveur de l’égalité des sexes ?

Les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), adoptés par 193 États aux Nations Unies en septembre 2015, visent à changer le cours du 21ème siècle. Ils offrent une vision du monde que nous voulons tous pour 2030 et une feuille de route concrète pour l’atteindre.

Au centre de cet agenda, la thématique de l’égalité entre les sexes est transverse aux 17 Objectifs de Développement Durable. De nombreuses cibles parmi les 169 cibles existantes reconnaissent l'autonomisation des femmes à la fois comme un objectif et une partie de la solution, voire un préalable à l’atteinte des ODD. Malgré les réticences initiales de certains pays lors des négociations internationales, l’ODD numéro 5 « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles » est finalement exclusivement dédié à cette question. 

Tous les acteurs sont concernés par cet objectif : société civile, pouvoirs publics, secteur privé doivent se mobiliser, pour s’assurer que chaque femme ait accès aux mêmes opportunités et aux mêmes responsabilités que chaque homme qui vient au monde.

Le Global Compact porte les valeurs d’égalité femme-homme et de non-discrimination dans son ADN. Son principe 6 « Les entreprises sont invitées à contribuer à l’élimination de toute discrimination en matière d'emploi et de profession » nous rappelle l’importance de la diversité et le chemin qu’il reste à parcourir en la matière. Afin de structurer l’engagement des entreprises, le Global Compact a fondé les Women Empowerment Principles (WEPs) en partenariat avec ONU Femmes. 1 459 entreprises (dont seulement 44 entreprises françaises) se sont engagées en faveur des WEPs dans le monde.

L’égalité femme-homme et la mixité sont un combat au long cours, qui nécessitent une évolution culturelle. Le classement annuel du Forum économique mondial révèle la corrélation positive entre richesse et égalité des sexes, et démontre que les progrès sont bien trop lents. À ce rythme, il nous faudra plus de 100 ans pour vraiment atteindre l’égalité des sexes. Des disparités extrêmes entre les sexes persistent dans les domaines économiques et politiques. A cet effet, la cible 5.5 appelle à « Veiller à ce que les femmes participent pleinement et effectivement aux fonctions de direction à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique, et publique ». Concernant l’égalité salariale, de minces progrès ont été réalisés au fil des décennies, mais le salaire moyen des femmes dans le monde est encore inférieur de 24 % à celui des hommes.

Pourtant, la réalisation de l’objectif d’équité de traitement salarial entre hommes et femmes pourrait à lui seul, selon les estimations du rapport de la Commission des entreprises et du développement durable du Forum économique de Davos, contribuer à hauteur de 28 000 milliards de dollars au PIB mondial d’ici 2025. Non seulement l’égalité femme-homme est la meilleure chose à faire au plan moral, mais il s’agit aussi d’une formidable opportunité d’améliorer sa performance économique. 

Les acteurs économiques commencent à prendre la dimension de cet enjeu. À l’occasion du sondage organisé pendant notre Assemblée générale 2016, les membres du Global Compact France ont par exemple estimé que l’ODD 5 était celui qui présentait le plus d’opportunités, et exprimé le souhait de travailler ensemble à sa mise en œuvre.

Les entreprises ont un rôle déterminant pour l’égalité effective entre femmes et hommes et doivent s’engager à devenir des acteurs clés du changement. Certains chefs d’entreprises montrent l’exemple. Ils s’engagent personnellement et encouragent d’autres hommes à relever ce défi. ONU Femmes a lancé en 2014 la campagne de solidarité pour l’égalité des sexes « HeForShe » (« Lui Pour Elle ») dont l’objectif est de faire participer les hommes et les garçons dans le combat pour l'égalité des sexes et les droits des femmes, en les encourageant à prendre des mesures contre les inégalités rencontrées par les femmes et les filles.

Faire avancer les droits des femmes ne fera pas reculer ceux des hommes. Au contraire, ils pourraient ainsi avoir accès à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, une préoccupation majeure pour les jeunes générations sur le marché du travail.

Pour évaluer et analyser votre performance en matière d’égalité femme-homme, identifier des opportunités et avoir accès aux meilleurs outils et pratiques, vous pouvez désormais utiliser gratuitement le «WEPs gap analysis tool », mis au point par le Global Compact et ses partenaires.

Et puis à l’occasion du prochain déjeuner-débat de l’Assemblée générale du Global Compact France le 31 mai 2017, nous illustrerons avec des intervenants de haut-niveau le levier de performance que représente l’égalité femme-homme pour les entreprises. Une corrélation qui tend à être prouvée par une succession d’études scientifiques entre la féminisation des effectifs, du management et la performance économique. L’égalité fidélise les équipes, améliore leur productivité et assure une meilleure attractivité de l’entreprise pour les investisseurs. Une étude de France Stratégie se penchera en profondeur sur cette question courant 2017. Nous pourrons ainsi aborder les opportunités qui s’offrent aux entreprises, les différents types d’obstacles à surmonter, partager des stratégies qui fonctionnent, des pistes d’actions concrètes et des bonnes pratiques. Rendez-vous le 31 mai !

Charlotte Frérot, 
Secrétaire générale, 
Global Compact France

 

 

 

 

 

Retour aux articles
Publié le 22 Mai 2017
  • ODD
  • événement
  • égalité
  • Gender equality
  • ODD5
  • WEPs