Bonnes pratiques

Bonnes pratiques

Bonnes pratiques en France

En pleine crise du Covid-19, Bank of America Merril Lynch estime que les entreprises les plus "responsables" surperforment de 5 à 10 points en Bourse.

Nous constatons également que cette situation inédite voit éclore des pratiques innovantes et solidaires au sein des entreprises, preuve que la RSE et l'atteinte des 17 ODD des Nations Unies, restent une réponse pertinente aux enjeux immédiats de notre société.

Si vous le souhaitez, vous pouvez nous les partager en nous les envoyant à contact@globalcompact-france.org

En voici plusieurs exemples d'ores et déjà recensés :

Faire preuve de philanthropie

L'une des premières réactions du secteur privé face à la crise du Covid-19 a été un formidable élan de générosité et de solidarité par rapport à l'ensemble de la population mais surtout des soignants et du personnel hospitalier.

La Fondation L'Oréal a ainsi fait un don d’un million d’euros ainsi que des kits d’hygiène et du gel hydroalcoolique à ses associations partenaires engagées dans la lutte contre la précarité.

Pernod Ricard, en partenariat avec le laboratoire Cooper qui fournit l’ensemble des pharmacies hexagonales, a décidé de mettre à disposition des stocks d’alcool pur qui permettront la fabrication de gel hydroalcoolique. 

La PME "Lunettes pour tous"  donne, quant à elle, des lunettes pour l'ensemble des personnels soignants.

CMA-CGM (Compagnie générale maritime) de son côté a fait le don de 100 000 masques FFP2 à l’État tout comme Valeo ou le groupe Bouygues. 

Le groupe AG2R LA MONDIALE en association Voisins Solidaires (Fête des Voisins) - qui regroupe plus de 150 000 réseaux de voisins partout en France, s'est mobilisé afin de mettre à disposition de tous un kit pour organiser la solidarité entre voisins.

Enfin, la philanthropie et la solidarité cela passe aussi par des "gestes" comme l'envoi de cartons pleins de café Malongo pour les soignants.

                

 

Réorienter sa chaîne de production

Face à la crise du Covid-19, de nombreuses entreprises ont réorienté leur chaîne de production en France, c'est à dire que leurs usines de fabrication sont désormais dédiées à l'effort commun pour combattre le virus. Ainsi, des entreprises comme LVMH et notamment leur unité de parfums (Guerlain, Givenchy, Christian Dior), L'Oréal (La Roche Posay), le groupe Rocher (Yves Rocher, Sabon et Dr Pierre Ricaud), les laboratoires M&L (L'Occitane en Provence), les laboratoires Expansciences (Mustella), Vivescia (ARD) fabriquent désormais du gel hydroalcoolique au sein de leurs usines françaises afin d'approvisionner gratuitement les hôpitaux et les EHPAD ou d'en faire bénéficier d'autres usines.

Autre exemple de réorientation de chaîne production, celle des acteurs du textile français , souvent des PME et des ETI avec la fabrication de masques pour les soignants par Damartex, 1083, Indispensac, Saint James, TDV Industries. Le groupe Kering en plus des masques, a décidé de fabriquer dans ses usines des blouses pour le personnel hospitalier.

Enfin, plusieurs entreprises (Air Liquide, Schneider Electric, Michelin, Valeo et PSA) se sont alliées pour faire un consortium et fabriquer 10 000 respirateurs d'ici la mi-mai.

               

Adapter ses activités et faire preuve d'innovation

Plusieurs entreprises font preuve d'innovation et adaptent leurs activités pour faire face à la pandémie.

En effet, de nombreuses entreprises françaises ont mises en place des offres et services dédiés aux personnels soignants.

Certaines d'entre elles offrent la livraison gratuite et prioritaire de leurs produits, c'est le cas d'enseignes comme Monoprix ou Franprix (Groupe Casino). D'autres proposent des abonnements ou accès gratuits à leurs services, comme JCDecaux qui offre un accès d'un an à ses vélos en libre-service dans plusieurs villes de France, ou la SNCF qui généralise la gratuité des trajets en TGV et Intercités pour tous les personnels médicaux. Certaines encore adaptent leurs savoir-faire pour les mettre au service du milieu hospitalier, c'est le cas de Thales qui propose aux hôpitaux de les protéger contre les cyberattaques ou du groupe SNCF qui a médicalisé plusieurs de ses TGV pour les transferts de patients COVID-19.

Les questions d'accessibilité aux services sont également traitées, que ce soit par Doctolib qui propose des téléconsultations médicales ou Franprix qui a mis en place un numéro vert pour permettre aux personnes âgées ou fragiles de commander et d'être livrées sans frais de panier de produits de première nécessité.

Certaines entreprises ont rebondi sur l'actualité pour s'adapter aux nouvelles contraintes quotidiennes, comme plusieurs titres de la presse quotidienne régionale (La Voix du Nord, La Montagne, Corse Matin, etc.) qui ont imprimé dans leurs différentes éditions des modèles d'attestation de déplacement dérogatoire. JCDecaux également, affiche sur ses mobiliers urbains une campagne de soutien aux personnels soignants et un rappel des informations sanitaires pour qu'elles soient vues et connues de tous.

D'autres innovent et créent de nouveaux services et supports. Citons ainsi Decathlon qui a mis a disposition les fichiers de fabrication de leurs masques de plongée Easybreath qui, couplés à une pièce complémentaire issue d'une impression 3D peut être relié à un respirateur ou servir à protéger les soignants. Autre exemple, Tennaxia qui propose le paramétrage gratuit d'un questionnaire de données sanitaires liées au coronavirus pour le reporting extra-financier des entreprises, ou de Legallais qui lance une veille juridique et sanitaire "Legallais à vos côtés" pour l'ensemble de ses partenaires économiques. 

L'ANIA, Coopération Agricole et 4 organisations syndicales de l’agroalimentaire ont également publié un guide des bonnes pratiques pour la mise en place du plan de continuité d’activité dans les entreprises de l’alimentation (mesures barrière et de prévention indispensables pour garantir la sécurité des équipes, recommandations en matière de dialogue et communication avec les salariés, les fournisseurs et l’administration, mise à jour du document unique d’évaluation des risques, mesures permettant l’adaptation de la chaine d’approvisionnement...). L'éducation est également un sujet considéré, comme avec la MAIF qui a décidé de renforcer sa plateforme de soutien scolaire.

Côté produits, Cristal Union a mis en place des mesures organisationnelles pour assurer la fourniture en sucre et en alcool pour tous les clients de la grande distribution et de l'industrie agro-alimentaire et pharmaceutique. Renault de son côté travaille avec des startups sur le technocentre de Guyancourt pour fabriquer des respirateurs grâce à la technologie d’impression 3D.

            

 

 

Soutenir son écosystème

De  nombreuses entreprises contribuent à un effort de solidarité de minimisation des effets de la crise économique en soutenant leur environnement direct :

  • L'Oréal soutient son écosystème en gelant l’ensemble des créances des TPE et PME de ses circuits de distribution (salons de coiffure et instituts) et en réduisent ses délais de paiement via un règlement comptant pour ses fournisseurs les plus fragiles.
  • EDF a organisé des dons également, en débloquant un fond d'urgence COVID-19 : deux millions d'euros pour l'aide d'urgence au personnel soignant et aux plus démunis. La trêve hivernale a été prolongée jusqu'au 31 mai.
  • Danone, par le biais de son Directeur général Emmanuel Faber s'engage à garantir tous ses emplois pour les trois prochains mois, et a débloqué 250 millions d'euros en soutien aux PME et agriculteurs de son écosystème.
  • Les Magasins U ont mis en place le paiement immédiat des factures aux petits producteurs locaux / TPE / PME pour minimiser les problèmes de trésorerie.
  • Chanel a garanti les salaires des ses 8 500 salariés pendant 40 jours ouvrés, et a aussi versé 1,2 millions d'euros au fond APHP, tout en produisant des masques.
  • L'ADEME oeuvre pour préserver sa galaxie d'entreprises engagées dans la transition écologique : avance de 20 % sur leurs aides, avance sur leurs achats, appels à projets prolongés et rouverts
  • Crédit Agricole, BPCE organisent des reports de remboursement de crédits pour certaines catégories de clients
  • Hermes maintient ses salaires sans solliciter les aides publiques exceptionnelles des différents états dans lesquels le groupe est implanté
  • Axa : maintien des emplois sans recours au chômage partiel, paiement rapide des fournisseurs, souplesse sur les retards de paiement des entreprises clientes, versement de 37 millions d'euros au fond de solidarité français, don de deux millions de masques au personnel soignant et de 5 millions d'euros pour la recherche sur les maladies infectieuses
  • MACIF : débloquage de plus de 20 millions d'euros pour la période du confinement, et de 5,2 millions d'euros pour l'effort de la Fédération Française de l'Assurance dans le soutien des TPE et indépendants. Don de 1,25 millions d'euros à la fondation de l'APHP, 5 millions d'euros aux partenaires associatifs historiques (Restos du Coeur, Samu social, Secours Populaire)

             

 

Prendre soin de ses ressources humaines

Etre une entreprise responsable face au Covid 19 c'est également prendre soin de ses ressources humaines, c'est à dire des conditions de travail de ses travailleurs "en première ligne" particulièrement exposés face au virus afin d'assurer les services essentiels à la population. Etre un employeur responsable face à la crise c'est aussi assurer un salaire décent pour chaque collaborateur malgré les aléas de la crise sanitaire.

Ainsi, les Entreprises de Propreté (fédération professionnelle) ont publié un guide de bonnes pratiques co-construit avec les partenaires sociaux face au Covid-19 afin de donner aux entreprises du secteur des préconisations permettant d’assurer la poursuite de leur activité dans des conditions garantissant la santé et la sécurité des salariés. 

Des grandes entreprises comme Danone ou Hermes et, ce sans avoir recours aux aides d'Etat (chômage partiel), ont décidé de garantir durant la crise du Covid-19 plusieurs mois de salaires pour l'ensemble de leurs collaborateurs .

Renault de son côté, a négocié un Accord d’entreprise prévoyant le don de jours de RTT à un fonds de solidarité, afin que tous les salariés en chômage partiel puissent percevoir 100 % de leur salaire, et pas seulement les cadres. Le groupe automobile prévoit également que tout reprise d'activité sur un site en France est soumis au feu vert des organisations syndicales qui "inspectent" au préalable les usines et leurs dispositifs de protection de salariés.

         

Repenser sa gouvernance

La crise du Covid-19 c'est également l'occasion pour les entreprises de repenser leur gouvernance afin de faire face à la crise économique : rémunération des dirigeants, dividendes des actionnaires, prises de décision participatives, les entreprises peuvent entamer dans ce contexte exceptionnel un changement de paradigme qui puisse prendre en compte l'ensemble des parties prenantes.

Par exemple, le groupe Accor a décidé de verser une allocation de 25 % du dividende prévu dans le cadre de ses résultats (soit 70 millions d’euros), 20 % du montant des jetons de présence des membres du CA et 25 % de la rémunération du PDG à un fonds "All Heartist Fund”. Ce fonds vise à assister les salariés en prenant en charge les frais d’hospitalisation liés au Covid-19 des collaborateurs ne bénéficiant pas d’une couverture sociale, au cas par cas, les collaborateurs en grande difficulté financière suite à des mesures de chômage technique, au cas par cas, les partenaires individuels en grande difficulté financière.

La MAIF a décidé de redistribuer les 100 millions d'euros d’économies estimées (liées à la baisse significative des accidents de la route et donc des coûts pour l’assureur) à ses  sociétaires. Il existe deux options  pour percevoir la somme par le sociétaire ou la verser de la Fondation Hôpitaux de Paris - Hôpitaux de France, l'Institut Pasteur ou le le Secours populaire français.

Plusieurs PDG ont rénoncé à une partie de leur salaire fixe dans ce contexte de crise comme Sophie Bellon (Présidente du Conseil d'administration de Sodexo) qui a renoncé à 50 % de son salaire fixe, quant à Denis Machuel, son Directeur général, ce dernier va abandonner son bonus annuel. Cet argent alimentera un programme de soutien aux salariés les plus vulnérables.

Chez Saint-Gobain, le PDG et le Directeur Financier ont abaissé leur salaire au niveau du chômage partiel et le reliquat de 16 % sera versé à l'AP-HP.

Jean Pascal Tricoire (Schneider Electric) versera de son côté 25 % de son salaire au fonds "Tomorrow rising Fund". 

Hermes a décidé de réduire le dividende versé à ses actionnaires, et l'ensemble de ses dirigeants ont décidé de ne pas augmenter leur rémunération par rapport à 2019.

Pour finir EssilorLuxottica a annoncé qu'il ne proposerait pas de dividende à sa prochaine Assemblée générale. Les dirigeants du groupe franco-italien renoncent  également à une partie de leur rémunération.

      

 

 

Nouer des partenariats

Sur le plan de soutien à l'économie et aux entreprises, le Ministère de l'Economie et des Finances et la Banque de France, sous l'égide du Médiateur des entreprises et du Médiateur du crédit et en concertation avec les fédérations d’entreprises (AFEP, CPME, MEDEF, U2P), les chambres consulaires ainsi que la DGCCRF ont mis en place un comité de crise face à la situation de dégradation des délais de paiement.

Du point de vue de l'approvisionnement en équipements de protection individuelle, un groupement rassemblant des PME du textile, des entreprises d’insertion et des entreprises adaptées comme APF France ou Log’ins a mis en place le projet Résilience visant à fabriquer en urgence plusieurs millions de masques lavables sur le territoire français.

Enfin, s'agissant de la production de matériel médical, Air Liquide, Schneider Electric, Valeo, Michelin et PSA se sont rassemblés en consortium pour produire près de 10 000 respirateurs d'ici à la mi-mai.

                  

 

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