Compte-rendu – Petit-déjeuner débat : Les Nouvelles frontières  de la responsabilité sociétale des entreprises

Compte-rendu – Petit-déjeuner débat : Les Nouvelles frontières de la responsabilité sociétale des entreprises

Les résultats de l’étude "Les nouvelles frontières de la responsabilité sociétale en entreprise : un modèle au service de la performance ?" à l’initiative de Global Compact France, Havas Paris, CSA Research et L’Express ont été présentés le mercredi 8 septembre au siège de L’Express. Réalisée sur la base d'un sondage mené auprès de 192 entreprises, cette étude analyse la place de la responsabilité sociétale en entreprise : Comment les entreprises peuvent-elles répondre aux défis sociétaux actuels ? Dans quelle mesure la responsabilité sociétale transforme-t-elle les modèles économiques des entreprises ? Sur quels grands enjeux les entreprises estiment avoir un rôle à jouer ? Comment convaincre et mobiliser autour de ces problématiques ? Cette publication fut l’occasion d’un débat avec :

Stéphane Pallez, Présidente-Directrice générale de La Française des Jeux
Agathe Bousquet, Présidente-Directrice Générale de Havas Paris
Charlotte Frérot, Secrétaire générale du Global Compact France
Isabelle Hennebelle, rédactrice en chef du hors-série de L'Express : "Dirigeants, salariés, entrepreneurs, changez le monde ! ".

Introduction et résultats de l’étude

Ketty De Falco, Directrice Générale de l’institut CSA, a décrypté les grandes tendances de cette étude. Elle souligne une prise de conscience grandissante de l’importance d’intégrer la responsabilité sociétale (RSE) aux stratégies des entreprises. L’étude révèle en effet que les répondants considèrent à 93 % que leur démarche de RSE influence positivement leur image ; quand 91% d’entre eux pensent qu’il en va de leur pérennité à long terme. Elle est également moteur de la transformation de leur modèle économique et de la création de nouveaux produits et services pour les plus pionnières.

Toutefois, Ketty De Falco note que les marges de progression, tout comme les freins, sont encore importants pour que cette responsabilité sociétale imprègne la stratégie globale de l’entreprise. Elle cite des obstacles tels que le manque de visibilité concernant la création de valeur future, du fait d’actions qualitatives et multidimensionnelles ; le manque de temps ; les mentalités ainsi que les coûts.

Etat des lieux - La Responsabilité Sociétale : où en est-on aujourd’hui ?

Stéphane Pallez a rappelé que la notion de responsabilité faisait partie de l’essence de La Française des Jeux. Historiquement d’abord, puisqu’en 1933, la loterie nationale incarne une volonté de redistribution des revenus. À cela s’ajoute l’importance de la dimension responsable liée à la nécessité de proposer une offre de jeu divertissante, tout en respectant l’ordre public et social. Pour Madame Pallez, la responsabilité sociétale est porteuse d’innovation et de sens pour les salariés qui en deviennent parfois des ambassadeurs. La Française des Jeux a par exemple commercialisé un jeu solidaire à l’occasion de la COP 21, sensibilisant activement son réseau de consommateurs et de détaillants à ces enjeux.

Pour Charlotte Frérot, il est important de ne pas extrapoler les conclusions de cette étude, basée sur un échantillon de membres du Global Compact France. Cette communauté d’entreprises engagées et visionnaires n’est pas forcément représentative de l’ensemble du tissu économique français. Il est également nécessaire de distinguer les plus grosses structures, disposant de moyens pour établir des projets d’entreprises d’envergure, des petites organisations, plus flexibles dans la définition de leur modèle économique. Les problématiques auxquelles elles doivent répondre sont variées et il est nécessaire de considérer ces différences.

Agathe Bousquet observe les évolutions positives et encourageantes relayées par cette étude. Elle remarque la fin d’une « RSE gadget », qui doit aujourd’hui se diffuser à toutes les dimensions de l’entreprise et conjuguer les exigences de responsabilité sociétale et de compétitivité. Cela résulte notamment d’une évolution des attentes des consommateurs, plus sensibilisés et mieux équipés, et de leur influence sur l’entreprise.

Quelles nouvelles frontières pour la RSE aujourd’hui ?

La question de la légitimité de la responsabilité sociétale ne se pose plus aujourd’hui. Les nouvelles frontières de la RSE concernent les parties prenantes sur lesquelles les entreprises s’appuient et les domaines pour lesquels elles pensent avoir un rôle à jouer. Les trois intervenantes ont mis l’accent sur l’importance pour l’entreprise de choisir des thèmes où elle sera pertinente, légitime et en accord avec les attentes de leurs salariés.

Elles soulignent également le rôle de l’entreprise comme moteur du changement sociétal et comme force de transformation. Si l’étude montre que les entreprises estiment avoir un rôle particulièrement important dans l’évolution de la place des femmes ou des jeunes dans la société ; elles ne se sentent en revanche pas concernées par certaines questions plus sociétales. Charlotte Frérot évoque la nécessité de réfléchir à des problématiques sociétales telles que la lutte contre la corruption ou l’intégration des réfugiés dans nos entreprises.

Stéphane Pallez rappelle que la dimension temporelle est importante en termes de responsabilité sociétale. Les entreprises doivent agir rapidement tout en mettant en place des stratégies de long terme.

Charlotte Frérot revient enfin sur les difficultés internes à l’intégration de la RSE au sein de l’entreprise et sur la disparité des avancées dans ce secteur selon les entreprises et selon les pays, menant à des problèmes de compétitivité sur la scène internationale (« level playing field »). En temps de crise, la RSE est parfois mise de côté alors même qu’elle est source d’opportunités et de moyen pour rebondir. Le Global Compact France a ainsi identifié d’importants axes de travail pour les prochaines années, notamment le respect des droits humains et la maîtrise des risques tout au long de la chaîne de valeur de l’entreprise, la RSE sur les territoires et la contribution aux Objectifs de Développement Durable.

Questions de la salle

L’assistance est revenue sur les questions du reporting dans la RSE, de la transformation numérique et du management responsable. Agathe Bousquet insiste sur la complexité de ces problématiques, notamment dans le cadre de transitions numériques, et sur la nécessité de considérer la diversité des profils de salariés et des cultures d’entreprises. La problématique des différences générationnelles en matière de management est ainsi posée.

Charlotte Frérot a finalement souligné une prise en compte grandissante de la RSE par la communauté financière dans les choix d’investissement, ce qui devrait permettre à la RSE de changer d’échelle.

 

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Publié le 20 Sept. 2016
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